War Poet.ca - A CFAP Project by Suzanne Steele

la garde de nuit dans la tourelle de mitrailleuse ✩ ✩ ✩ ✩ night watch in the gun turret ✩ ✩ ✩ ✩ with Sgt. B (en français and in english)

for Sgt. B, Royal 22em Régiment
translated by Madeleine Nattrass (merci Madame)

toi guerrier, tu es de sang-froid, toujours au premier plan
corde, crampons, axe et sueur sont les délégués de ta volonté
tes naiads, la crevasse bleue, l’eau qui coule de la dernière glaciation,
filon, sommet, gelure tes séductions – chaleur de vie, froide mort niée;

maintenant désert, poussière, manoueuvre, ce machin qu’on appelle
guerre chante sur cette vaste nuit de prairie par cette lune d’octobre;
pré silencieux où le liévre, le coyote, sont les seuls illuminés par tes NVGs
quand tu m’invites à traverser la plaine pour visionner de tes yeux de nuit;

j’obéis, je me lève pour me tasser contre fils et fusils, en patrouille,
“femme” tu me commandes, “ viens boire l’absinthe de mon enfer” – ce terrain, ces étoiles impossibles, le bassin de la Rivière Battle,
le contour, les plissements, les épaules de ce merveilleux accident; j’obéis,

je grimpe les roues immenses du LAV, j’enjambe ses plaques d’acier, dans un noir
percé par la minuscule pointe de lumière rouge qui vient du casque de mon protecteur; jambes ballantes, je descends vers ton visage souriant, Charon, assis à la commande.

de droite à gauche, tu me montres comment arquer la surface de ce monde phosphore,
comment assimiler les voix d’anges, de diables qui échappent du casque d’écoute,
comment harmoniser avec le moteur-mère de LAV, chant funèbre, mélodie métallique
de guerre, comment endurer l’implacable chaleur de ce gros ventre d’enceinte, fourré d’hommes endormis;

on se met en bras de chemise, veines et muscles exposés, mains habilles -les tiennes
de guerrier, les miennes de créatrice travaillant des champs si divers – cette nuit
nous appartient, à gauche,à droite, on épie les étincelles de feux de camp;
loin de billions d’année-lumières, le bocal de lucioles qui s’éteignent, la tête hochante;

la lumière verte vise juste, pénètre les artères, le cerveau, l’artillerie du nerf optique
frappe le cible qui marque nos coeurs – on discute de Rioja, non pas d’insurgence, d’insomnie, de nos nuits blanches, de tes inquiétudes (les miennes aussi) pour tes presque- soldats, l’Afghanistan d’Alexandre, et enfin, on s’imagine le lux d’un bain chaud, la bouteille de vin rouge, le temps qui nous attends quand ce sera fini.



night watch in the gun turret with Sgt. B



ice-warrior you, the pointy end of sub-zero,
rope, crampons, axe, sweat, are the leaguer of your will;
your naiads, blue crevice, falling water of the last ice-age,
ledge and peak and frost-bite your temptations—hot life not frozen death;

now desert, dust, man test, this thing called war sings tonight
on wide white prairie night snow-dusted by late October moon;
grass is silent, only the glowstick of hare, coyote in your NVGs
when you bid me cross the plain to your night vision;

ordered from my sleep, curled into your sons, patrolled with machine gun,
“woman,” you command, “come drink the absinthe of my underworld”—
the earth, the impossible stars, the bowl of the Battle River valley,
the contour, the folds, the shoulders of this beautiful accident; I obey,

toe the LAV’s giant wheels, three point contact climb its steel plates, in dark
only red tracer pen light from my guardian’s helmet to guide me
to my rabbit hole, the LAV’s left eye—gunner’s turret; I dangle legs in,
lower myself down to you, a Charon, smiling in the commander’s seat;

right to left, you teach me to arc the surface of this phosphorus earth,
how to assimilate netted angel/devil voices in headphones,
hum along to mother LAV’s diesel, her bright threnody, metallic war song,
sweat the relentless heat of her pregnant belly filled with sleeping men;

we strip to shirt, expose veins and muscle, our skilled hands
—yours warrior, mine creator’s, a conquerer of a different land—
we own one night, right to left, left to right, watch sparkle fires on hilltops,
the jar of dying fireflies a billion light years above, a nodding head;

green sight shoots straight, into arteries and brain, optic nerve ordinance,
hits target of heart within us—we talk of Rioja, not insurgence, sleeplessness,
nights worried awake for your almost-men (I worry for them too), Alexander’s Afghanistan,
and finally, imagine the long hot bath, bottle of red wine, the time that waits us all,
at the end of this.



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The page you're reading contains a single diary entry entitled la garde de nuit dans la tourelle de mitrailleuse ✩ ✩ ✩ ✩ night watch in the gun turret ✩ ✩ ✩ ✩ with Sgt. B (en français and in english). It was posted here on January 20, 2009.

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